actualité intéressant l'atelier
textes personnels d'ateliers
l'objet imprimé
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égarement
fragment
etc
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texte d'atelier - mars
et la bordure cévenole couverte c’est l’aléa traversières complantées de beauté l’effet tourmente
et
compartiment menant rasant précipitant tant de jaune tremblé non feint et Beau caire saillant bordé écarté
et
le vaste ensemble choit c’est flagrant exposé plus qu’aux signes à Saint-Jean épier la châtaigneraie à terre mastiquer sa cargaison
et
enchevêtrement non transitoire racines pivotantes leur langue obscure une volonté de choir contenue par l’eau du lac
et
enlacement de l’apparition paysage déboisé râle des genêts éternisé dans la paume le résidu est fastueux tige florale la couleur rend
et
sur la hauteur de Navacelle l’existence tombale domine à ce point amplement la réflexion pure prime
et
dans les terres rochers et écorce décolorée dans l’abîme délavé du ciel Notre Dame du Carla froncée s’échappe
et
approchement du causse carnation rosée de la hâte tendance du sujet à s’éclipser derrière la bruyère calunne
et
soir apologue de la plante suave atmosphère rompue pressentiment finesse du rehaut lumineux tonal rare
adoucissement inouï du détail route de Caderle
et
trois mouvements aléatoires dans l’air prétexte nourricier au dessus de l’étang silence long sentiment de gris soyeux couleur triste sans peine
et
influence puritaine vaste étendue sableuse eau blanchâtre coloration oublieuse humidité fraicheur argileuse
et
début des ors vigneux dégluant ocres sombres clairs agrippés aux coteaux au fond petites rivières insinuantes enserrant
et
chemin sombre cendré taches noires opaques sans écho invisibilité de la feuillée buissonnante
et
paix silence longs troncs gris aguerris corbeaux noir dur vert imbibé lyrisme profond haie dense peu pénétrable
et
sur la terre ferme dorénavant une force de chose estomac vidé tipules noires boueuses agrippées
et
maculage par la giclée coulée brune et grise gaufrage farfelu du champ humidité soutenant la touche fluide
et
de ce côté-ci la nature est la plus folle touffue peu pénétrée très silencieuse écheveaux de jeunes chênes au bord de la départementale la pluie à nouveau
et
les carrés blancs métalliques mats des tombes inaccessibles sous les pins Douglas et les noyers détrempés
et
collines de la Gardiole insert dans les étangs cent cygnes flamants ralentis rosés et cornalines dans un dernier regard quittant les terrains aqueux une atmosphère normande assaille
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Cette année les Rencontres de l'illustration explorent le thème des animaux ! À travers cette thématique animalière, la programmation de cette édition interroge la condition humaine et met en lumière les relations complexes et sensibles que nous entretenons avec nos environnements, qu’ils soient naturels, sociaux ou encore politiques.
Programme complet de cette édition ➢ site officiel
Affiche des Rencontres de l'illustration - 11e édition -
© Anouck Constant ➢ SITE
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la nuit texte d'atelier
la nuit dernière j’ai rêvé que je vomissais dans une petite bassine en hématite une fois celle-ci remplie je me sentais bien puis quelqu’un apparaissait à ma gauche et saisissait la bassine pressé
la nuit dernière j’ai rêvé
quelqu’un se penchait subitement pressé son instant de haleur musique et haleine
*
quelqu’un de méchante humeur se déplaçait en sens inverse remontait tout très vite un mouvement qui prenait des heures
*
souffle d’un vent qui s’engouffre s’affirme remplit reculer reculer jusqu’à l’obscurité pure
*
la nuit ne se manifeste plus de la même façon elle arrive d’une manière plus naturelle invite à des déplacements plus bruts les lignes de force sont moins tracées leurs ondes sonores sont extrêmement chercheuses rapidement tournées vers le ciel il enquête sur leurs liens leur communication tacite insère le dernier rêve _ de ce qu'il en sait
j’ai aimé à la folie toutes ces visions d’étoiles comment j’ai pu les approcher
*
la nuit dans la gueule du loup
nulle feinte
au miroir de nuit
allure du mouvement
sans retentir
qui a bien lieu
qui observe
à travers l’affreuse tempête
encore plus noire
et nage
*
la nuit allonge les silhouettes
les mains
*
j’ai nagé dans une mer très noire sous une réserve de nuages très noirs le ciel a tout hissé plus haut aux premières lueurs du jour
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un texte arrivé ici
Léa - Jordi B.
29 décembre 2025 - janvier 2026
J’ai écrit à Esteban il y a trois jours (pour sa fête). 10 ans que nous ne nous sommes pas vus, et peut-être 3 ans sans un échange de mots. C’est Léa qui m’a répondu. Esteban est devenu Léa. J’ai écrit à esteban.marquez@hotmail.fr et c’est leamarquez@outlook.com qui m’a répondu. Elle m’envoie des bises, mon message lui a fait plaisir, elle demande de mes nouvelles. Je ne pense à rien, cela fait si longtemps. Je ne suis pas étonné, il n’y a qu’à l’accepter, c’est facile. Ce sera donc Léa. Je relis le message attentivement, et je chute. C’est comme un trou noir, du côté du cœur ou de l’estomac. La fameuse étreinte d’angoisse, le vide. Les viscères sont comme aspirés, il y a un trou noir à l’intérieur. Parce que je reconnais bien ton écriture, Léa, je reconnais son élégance, l’élégance d’Esteban. Tu as « troqué » ton ancien prénom, mais pas ta mélancolie. Je n’arrive pas à savoir si tu es enfin heureuse. La France te manque, dis-tu, mais tu es libre « ici ». Les choses ont changé, ce n’est pas seulement un nom. Tu as décroché du cinéma, tu dis avoir rompu complètement avec ton passé. Esteban – Léa, ce n’est pas une évolution, une continuité, c’est une rupture. Mon message t’a fait plaisir, tu demandes de mes nouvelles. Mais tu as rompu avec le passé. Et que suis-je, si ce n’est un morceau de ce passé ? Je suis rejeté dans une forme de nuit, le trou noir que je sens s’étendre du côté du cœur et de l’estomac. Ta mélancolie me replie dans la mienne. Je n’aurais pas dû te lire le soir : le soir, le vide s’agrandit. Car je réalise que ce passé que tu rejettes, je ressens pour lui une forme de nostalgie. Soudain cela me frappe : je t’ai aimé Esteban, j’ai aimé ta voix, ton visage. Qu’est devenue ta voix de conteur ? J’ai la nostalgie. Léa, es-tu toujours pareille à toi-même ? Ou dois-je me résoudre : le passé est bien fini ? J’ai aimé notre amitié, je t’ai aimé, mon ami, et j’ai aimé ce que j’étais dans ce passé. Égoïstement, je me dis : ce n’est pas seulement Esteban, c’est aussi une partie de moi que tu enterres. Car moi, je n’ai pas rompu, je vais toujours au cinéma, j’ai seulement vieilli. L’abîme qui se creuse dans mon corps pour si peu, un changement de nom, me désespère. Je n’avais pas réalisé, je crois, que nous étions amis. Tu as pris un nouveau nom comme un recommencement, comme une sœur qui fait ses vœux et rejette le monde en dehors du couvent. Je suis à la porte, j’ai toqué, tu as tourné la clef. Il me faudrait maintenant franchir le seuil, ne pas rester buté. Mais je reste devant la porte. Pardonne-moi : c'est lui que j'aime. Le passé ne veut pas mourir...
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un texte d'atelier
il est arrivé au sommet faible calmement et au sommet il est le seul à pâlir il voulait entendre une musique (celle du vent du vent seul) à la hauteur folle où sont passées les journées à marcher à monter à grimper les journées à vivre le seul à approfondir le seul maintenant à vaciller à hésiter les journées à vivre le seul maintenant à renier si peu de soleil perce à travers les tourbillons neigeux il voulait grimper arriver seul entendre une musique (celle du vent le vent seul) maintenant le visage défaillant le seul à entendre une musique celle du vent le vent seul une indépendance folle le visage défaillant à la hauteur folle le coeur défaillant sans tapage la gravité d’un os cassé flouté par les tourbillons neigeux la gravité d’un os cassé flouté par les tourbillons neigeux le corps défaillant le seul à la hauteur folle plié par la gravité d’un os cassé flouté par les tourbillons neigeux le corps défaillant à la hauteur folle plongé dans le ciel
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2025
A propos du dessin un texte liste grise*
Constituer une collection en l’inventant, un projet plastique et intellectuel rémanent, Dilection pour le blanc réserve, le socle. Le blanc du papier est l’infiniment présent. Convention d’une surface blanche, mais elle est une disposition réellement ouverte, une valeur formelle première. Elle accueille la nation de contexte, fondamental dans son absence, un dessin sans image, sans observation, réellement ouvert, conscient d’une grandeur impossible. Le blanc pour éveiller le sens premier d’une forme, la mener jusqu’à son substrat plastique, concret. La forme arrive via une attitude de suspension puis de pénétration, une force sans dessein, mais une préméditation de pensée. Une inclusion spécifique : la valorisation du temps intercalaire, irréductibilité de sa présence. Parallèlement, une sensibilité à la variabilité dans la texture, motivée par des valeurs d’insinuations propres à la réitération, redimensionne la présence du dessin, lui octroie sa latence. Les formes, précises, décevantes, exemptes d’ambiguïté, crédules, recueillent clairement une vocation, se situant entre l’étiolement et la concentration. Le titre Liste Grise* fait début d’exposition, il est élan humoristique dans la pensée, et une halte.
© marie duarte
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Toma Dutter - exposition -
MRAC de Sérignan
Cyclogénèses
25 janvier - 19 septembre 2025
➢ SITE MUSEE ➢ SITE DE L' ARTISTE
Le Festival de la Poésie Sauvage a été créé à la Salvetat-sur-Agoût par Jean Marie de Crozals son directeur artistique. A la croisée des Arts, hymne à l'instant, à la beauté, à la rencontre.
La 12ᵉ édition du Festival de poésie sauvage de La Salvetat-sur-Agoût se décline sur le thème « Chant du Vivant » et mêle ateliers d’écriture, rencontres, lectures, concerts, projections de film, tables rondes, spectacle de danse et défense de la nature.
➢ SITE
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texte d'été
Virginia Woolf se relève un peu surprise semblable à nouveau à un papillon qui affole semblable à nouveau à un papillon préoccupé de rechercher la fenêtre entrebâillée elle scrute assurément un désir de fugue scrute chaque étape de sa respiration menacée par la chaleur la migraine l'obscurité de son corps s’ouvrant si difficilement à l’extension elle aime être étendue figée l'intellectuelle sidérée elle pose beaucoup aussi aux abords d’elle elle parait encore plus évanouissante elle murmure chaque été que le bel été de cette année est le plus bel été les cheveux mouillés et noués (la longueur réelle de ses cheveux est un mystère) elle suit les groupes à travers le jardin autour de la maison sans cesse à proposer une nouvelle confrontation (une épreuve pleine de densité stylistique) elle pose compose coupe entrecoupe suit avidement des voix individuelles des scènes des fuites dans le temps (l’effarement qui régit les vies) un tumulte d’idées puissantes libérées des faits idées sensibles et élitistes soulevant exaltation et appréhension le vertige de leur dissolution dans l’unité du jardin VW s’aventure elle-même toujours trop vite dans la vie comme si elle voulait s’en échapper ——le monde me saute dessus elle traque la réalité certaine et incertaine elle lance par exemple un oeil palpitant sur les taches de soleil sur les roches elle s’applique car les taches paraissent tournoyer se faufiler se poursuivre se soulever elle lance un oeil palpitant sur les bassins limpides entre les roches elle garde un oeil palpitant sur l’eau limpide et son impossibilité à se retirer elle garde un oeil palpitant sur cette passivité——eau de rose sel de bain à la rose en fin de compte le projet est de devenir le bouton de rose elle s’étend prend des notes lentement c’est une nécessité de désunie une constellation de notes prises tout au long d’une matinée apporte du corps du tonus——ce quelque chose d’infiniment concret cela évite de tomber la perte insidieuse est terrible——je n’arrête pas de penser des heures durant excusez mes manières d’imbiber chacun de mes mots elle pèse aussi et absorbe et empêche de naviguer la fascination condensée aux abords d’elle nous voulons prendre du recul penser d’une manière moins aiguë et espérons-le agir à nouveau mais nous continuons à garder un oeil sur elle l’agitation malhabile perpétuellement modifiée par le biais du paysage de l’imagination il lui est souvent impossible de se souvenir de ce qui s’est passé juste devant ses yeux bifurquant rapidement vers de sidérales condensations de dérision son horreur d’une absence de vision poétique l’indécision à nu souvent emmêlée dans une grande peur
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Les livres objets des Editions des Lisières
Les Editions des Lisières est une maison d’édition qui se déploie à hauteur d’homme. L’éditrice Maud Leroy fondatrice de cette belle maison, avance à son rythme, selon les rencontres, les coups de coeur, elle reste subtilement ouverte aux préoccupations du temps et ne perd pas de vue que la forme poétique ne vise pas uniquement le poème, mais s’attache à toutes les manières d’habiter humainement le monde. Maud Leroy lit elle-même les manuscrits reçus et publie seulement quelques livres par an (une logique de micro édition). L’agencement éditorial est délicat, on repère cinq collections (Hêtraie, Ortie, Aphyllante, Pinson des arbres, Hors collection) abritant des formes et des intensités différentes, accueillant un texte militant ou bien une poésie de montagne, ou bien un conte, l’édition bilingue est fortement investie.
Le livre des Editions des Lisières est méticuleusement fabriqué, à la manière artisanale et lente, choix fréquent d’un format oblong, beaux papiers, couverture à rabat soignée, créée en typographie au plomb, illustrations toujours particulières à chaque livre, exécutées souvent en linogravure, parfois par l’éditrice elle-même, certains auteurs-artistes illustrent eux-mêmes leurs textes. Le livre objet des Editions des Lisières garantit une expérience aussi visuelle que tactile, c’est concret, rugueux. Quand on manipule un livre on a vraiment le sentiment d’une composition profondément pensée, le texte est aéré rythmé, raffiné dans ses choix de police, et appelle à une qualité de concentration. C’est un bel objet quand il se tient fermé, posé à plat, on a envie de l’avoir dans notre champ de vision, comme un dessin ou une peinture, comme une oeuvre graphique dont on prendra grand soin.
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Le rêve d'un langage commun Adrienne Rich Poésie
Les poèmes inédits d’Adrienne Rich, morte en 2012, arrivent enfin jusqu’au public français. Le rêve d’un langage commun regroupe un ensemble de poèmes divisés en trois parties. Une poésie dédiée au sentiments amoureux vécus avec une autre femme mais pas seulement. Ces poèmes entrelacent en permanence. Dans un très beau lyrisme, ils célèbrent le plaisir physique intense, la joie, la relation aiguë à soi et à l'autre. Ils lient aussi l’espace-temps de l’intime au vaste espace du politique et du social - leurs mouvements complexes et éminemment collectifs - . Une poète et théoricienne américaine à investir avec une grande attention.
Édition bilingue en anglais et en français / Traduction Shira Abramovich / Lénaïg Cariou / Editeur Arche / Collection Des Ecrits Pour La Parole / 2025.
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texte d'atelier les ateliers numériques de Laura Vazquez https://lauralisavazquez.com
La montagne force d’en face regarde mon visage de vivante se mettre à l’abri. La montagne vigueur de ce vis-à-vis. Me tenant en contrebas sans vision planante imaginant que la fusion de deux visages c’est difficile et inutile. La montagne est loin de mon visage audace de la présence mais loin assez loin de mon visage. Mon visage et son rêve de fusion dans un autre visage mais c’est difficile et inutile. La montagne n’est pas inerte elle transmet la puissance et l’énergie à ce visage tombant sur l’herbe et se frottant à sa teneur humide. Le haut du massif sa hauteur planante ses bords ouvragés de mica. Mon visage bercé par le désir face à la montagne. Le vent pourrait accompagner l’émotion écrasée par le désir de voir un autre visage. Les interstices de la montagne resplendissants par leur quantité.
La fresque d’un visage rébellion perte amour néant harassement chagrin départ de feu diversité de points de vue naturels et artificiels tranquillité qui ne dure pas surface du temps. Faire le tri des choses et des idées faire le compte d’une existence réelle et imaginaire près d’un visage.
S’assoir près d’un visage sans dire un mot. Esprit bien formé pensées bien enfermées visage aussi plein que possible refrains de codes bribes réelles ou somnambuliques. Lueur sacrée du visage recherchant ce qui semble enfoui oublié remémoré.
Depuis le côté le visage apparait près du mien. Cette délicatesse d’apparition s’entend s’étend. L’ effacement des jours attendus quand le visage que l’on retrouve à ses côtés dévore le désir de son apparition.
L’ombre de la montagne. L’ombre du visage. La montagne n’est pas inerte non non.
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Il est beaucoup de fleurs, le pré si tu voulais, si tu pouvais entendre et encore mieux voir regarder, cet ordre de couleurs étendues exposées tu serais suspendue c’est sûr, affolée, les étendues violines pratiquement revenues les jaunes par dessus surgissent dans un écart de quelques journées, et la situation future est déjà en mouvement, entre hier et demain une étendue rougie est tout ce qui arrive, quelques nouveaux moments et le vide paraît s’annuler, suspendue c’est sûr tu serais même un peu affolée, jouant à cache cache avec ce qui ne se déplacerait pas, le pré en apesanteur et toi c’est sûr l’immersion de ton corps affolé, sous les états orangés le présent de chaque prise de ton oeil en accéléré, un écart de secondes provoque un nouveau parti pris, l’étendue spécifique du bord du pré sera bientôt bleuie puis un jour supplémentaire et le chemin sera barré, avant que tout ne se mette à fuir ce que tu ressentirais, inutile de le dire en un écart de seconde c’est sûr ton corps si solide serait englouti, son poids extraordinaire sous le ciel des nouvelles étendues, au-dessus de ce ciel un ciel vif fait tout accélérer, tout ce qui arrive recommence avec une nouvelle allure.
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J’ai tourné un oeil vers le haut étourdie les pieds entre les arêtes et les failles j’ai levé les bras au dessus de la tête j’ai incliné la branche doucement le bois rappelle la chair le bois creux qui plie j’ai vécu là une forte émotion je n’ai pas su exactement comment cela s’était produit j’ai vécu une situation fertile les reflets ont été nombreux j’ai pensé à ces récits très réfléchissants récits pour la plupart inclassables Les gangsters Les chiens Voyage avec deux enfants Mauve le vierge Les aventures singulières Fou de Vincent les chiens Les lubies d’Arthur L’homme blessé L’image fantôme Des aveugles Mes parents L’incognito Le paradis Les Lieux de la douleur Le Cœur de schiste Rue obscure Mentir Un jeune homme trop gros Plaisirs solitaires Les Couleurs de boucherie Aigle et poisson La Disparition de Maman Les Morts sentent bon Bufo bufo bufo L’Été : papillons, orties, citrons et mouches j’ai habité ces récits souvent j’ai pressenti et agi avec eux j’ai recherché la cause de leurs nombreux échos j’ai depuis développé une manière sacrée d’entendre les sons ténus j’ai tourné un oeil vers le haut étourdie j’ai fait saillir un front soucieux une moue exagérée je n’étais pas seule je l’ai regardé s’incliner vers les branches je l’ai écouté il a fait saillir ma peau lisse il a rayonné prospéré pratiqué l’accolade tant de choses semblent s’être passées mais au plus profond de soi on trouve une simple étincelle il a souri après avoir tout regardé il a fait surgir de son cœur des gestes il a transfiguré son visage sa voix a ondoyé si loin rien ne pouvait arrêter sa voix j’ai agité d’une certaine manière mon corps nous sommes je suis tu es près d’un morceau de branche sèche nos noms ne figurent pas sur le bois.
Les ouvrages cités dans le texte sont de Hervé Guibert et d'Eugène Savitzkaya, la plupart édités aux Editions de Minuit.
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Je comprends le monde est si peu plat, pour que le monde puisse s’ouvrir de l’intérieur, se creuser, pour que je puisse me rendre dans le lointain je veux dire bien au delà du large. Le monde est si peu plat alors le chemin n’est jamais vraiment un chemin les lacis nous fortifient et le pied est parfaitement remué et la vague ne se referme pas non aucun risque car le monde est très peu plat.
Il est un spasme immense maniaque et permanent ses seuils sont glacés il a un sens impérieux et discret avec beaucoup d’obscurité.
J’aimerais descendre dans le monde m’y étendre mesurer l’équilibre de toutes ses forces j’ai une soif de contact charnel j’aimerais y passer mes doigts quoique le monde soit bien trop creusé.
Le monde est paroxystique il retarde le sommeil difficile de trouver un rythme familier face à une telle capacité d’infini tenir au moins le poids d’un oiseau en vol s’accoutumer à l’ennui si terrestre .
Le monde ne vous saute jamais dessus non en effet car le monde est avisé.
Je constate qu’à certains endroits le monde est vraiment trop étroit pourtant je ne néglige point sa nécessité.
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Francis Bacon au fond du jardin somnole il hume le vent il tourne autour des iris autour du citronnier chinois autour des arums autour des digitales Francis Bacon enlace les fleurs grignote l’iris filiforme bleu la bouchée est délicate et froissée l’artiste est aux aguets l’influence du lieu est forte les lupins sont enlacés subitement il rêve à un traitement plastique virulent le désir excède à peine le drame il défie une profonde impression de présence le heurt le heurt le fourrageur épuise l’iris filiforme bleu l’absence de musculature du corps gracile abrupt et retourné Francis Bacon s’étend à la renverse une lueur d’apothéose dans l’oeil essor d’un rouge incarnadin déferlement fantasque il tourne le dos à une troupe désordonnée qui accourt une bande une bande d’une incroyable vitalité une course, pêle-mêle pêle-mêle les corps coiffures lunettes vêtements chaussures verres pleins s’emmêlent s'emmêlent se faufilent déboitent un phénomène d’enroulement compresse les corps le délicat et fantasque FB rêve d’un compost de ces êtres brutaux rêve d’éboulement émancipateur euphoriques et armés ils piratent détournent projètent basculent jouent le partage hasardeux autour de l’artiste figent une poursuite sans langueur. Les sentiments de l'artiste sont tapis dans le texte d’un petit billet écrit à la va-vite et jeté sur les digitales « je hais les racines d’une vie le retour sur le passé ne m’intéresse pas je suis couvert de liquides renversés et de poussière mon souffle est emporté cette foule épouvantée bourdonne stupidement autour d’un point fixe qu’ils épargnent leurs forces mon corps est contusionné je quitte ce jardin anglais plein de liesse ma voix n’en sera que plus personnelle. »